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Biographie

Terencio Gonzalez

Après un passage dans une filière économique, Terencio Gonzalez est rattrapé par le virus de la peinture et entre en 2013 à l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris dont il sort diplômé en 2015. 

L’artiste est un chercheur. Aux Beaux-Arts de Paris au contact de Jean-Michel Alberola dont il intègre l’atelier, il apprend à réagir sur l’état du monde, l’importance du détail et à rencontrer des sujets populaires. 

Terencio Gonzalez regarde RauschenbergBasquiat, Bazelitz et surtout l’américain Richard Diebenkorn et sa série Ocean. L’artiste est aussi un lecteur, un spectateur, il sait que littérature, cinéma et peinture partagent une aptitude commune à saisir le monde. 

S’il regarde la peinture des grand maîtres, c’est bien la rue en tant que territoire de libre expression qui lui offre sa principale source d’inspiration. Son passé de graffeur – et non sans ironie d’agent municipal au service de l’effacement desdits graffitis – lui ont révélé le caractère bavard des murs des villes. 

Terencio Gonzalez réactive ses racines argentines, pays d’origine de son père. A Buenos Aires, Il collecte des fonds d’affiches en papier bon marché, support populaire d’un affichage sauvage relayant sans distinction messages politiques ou annonces de concerts et de fêtes. Dès 2013, en partant de ces affiches, il initie une série d’œuvres sur toile, abstractions composées et vibrantes, odes à la peinture, à la couleur et à la lumière.

Spring défend le travail de Terencio Gonzalez en collaboration avec la Galerie Jérôme Pauchant – Paris.

Temps forts

  • Œuvres présentes dans des collections institutionnelles d’envergure, notamment la collection Société Générale et la Collection du FRAC Normandie Rouen 
  • Artiste sélectionné pour la 69èmeédition de Jeune Création, Fondation Fiminco, Romainville, 2019
Charco, 2017, 200 x 400 cm

Pour aller plus loin…

Atelier de l’artiste

Dans sa pratique, Terencio Gonzalez ajoute à la toile des affiches de rue, support de qualité médiocre d’un affichage sauvage qui constelle les rues de Buenos Aires pour annoncer des initiatives alternatives. Ce papier bon marché, ces impressions artisanales réalisées hâtivement, laisse place à des « défauts » graphiques, textures de lettres restées en spectre, mélanges de couleurs inédits … 

Au cœur du choix, de ce matériau, l’intérêt de l’artiste pour la libre expression publique, pour l’initiative populaire. Ces affiches, tout comme la peinture en spray qu’il affectionne, sont les outils de la prise de parole, supports de messages politiques, d’humeur ou artistique, autant de témoignage d’une vitalité collective. 

« Térencio Gonzalez est à la recherche d’une écriture nette, extrêmement lisible qu’il utilise pour définir un lointain ou animer le fond. Cette série semble très simple, renoncer à tous contrepoints, aux jeux de plan et devenir un schéma abstrait, réduit aux seules lignes de force. Mais les couleurs font la différence. Multiples, elles sont franches, puissantes, vibrantes à la manière d’un arc irisé. Les toiles sont rigoureuses dans leur structure, économes dans leur conception, explicites dans leur tension qui laisse parfois apparaître quelques traces d’un vocabulaire de lettres de plomb. 

Yes Sure

Pourtant rien n’est figé. En réponse à cette grille colorée, en bas un espace blanc, neutre, strié de quelques lignes horizontales faites à la bombe où on retrouve les tons primaires des monochromes. Terencio González laisse la couleur établir la trace définitive de l’œuvre. Loin de toute imitation (même construite) d’une forme préexistante, la toile joue sur le faire, elle figure une présence immédiate et latente de la matière. 

Dans les œuvres de Terencio González, il y a bien l’indication de ce qui est renié ou plutôt assimilé : l’ordre du code perspective du Quattrocento, le renvoi à une perspective cézanienne et à sa rupture. (…). Depuis ses débuts, il s’adonne à cette activité dérisoire de vouloir rendre en peinture ce que la nature fait d’une manière inimitable, évitant tout motif ou arrangement formel. S’il met de coté toute représentation, il ne rompt pas avec le cadre, il incite son spectateur à percevoir la réalité comme illusoire. 

Terencio González affirme en permanence son goût pour la peinture, la lumière et le sublime et ne s’en cache pas. »

Françoise Docquiert
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne