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Peintures

Peinture Terencio Gonzalez - Artiste Art Contemporain Emergent - Artiste Spring
Hey Hello

« Terencio González, alors étudiant, part à la découverte de Buenos Aires pour y réaliser une formation en graphisme. La lumière entaille d’abord sa rétine, selon ce même phénomène de saturation qui marquera plus tard son passage sur la côte ouest américaine. Au détour des rues argentines, dans cet éclat d’éblouissement qui mutile la vue, des affiches négligemment collées sur les murs l’interpellent ; des affiches colorées à forte connotation populaire, hâtivement réalisées en impression offset. Le papier est précaire, la définition sommaire. Sur les fonds d’affiches qu’il collecte, les couleurs bavent et les lettres de plomb, restées en mémoire sur les cylindres de la presse, transpirent insidieusement à la surface du papier.

Après avoir intégré les Beaux-arts de Paris, l’artiste colle ces fonds d’affiches sur de grandes toiles de lin, préalablement enduites de peinture acrylique blanche, et compose des variations vibrantes et lumineuses. Un Rothko contemporain aux matériaux bon marché. Mais ces grandes étendues de couleur, l’artiste les agence et les circonscrit. Des traces réalisées à la bombe aérosol se greffent à l’équilibre de l’ensemble. Comme l’affiche est débarrassée de son contenu, cette graphie proche de l’œuvre de Martin Barré – réduisant le geste de l’artiste à sa forme minimale – est dépossédée de tout signifiant. L’œuvre revisite l’histoire de l’art, à la frontière du Color-field et de l’Action Paintingdu Nouveau réalisme et du minimalisme… Au-delà de toute catégorisation, l’artiste conjure naturellement les débats, avec une aisance et liberté proche de celle de ses confrères allemands ou américains.

Ôtant le langage, il conteste le visible. Les couleurs elles-mêmes sont déchargées de leurs préjugés culturels et deviennent objets de contemplation, invitation à une divagation colorée. Alors que l’artiste laisse advenir les souvenirs des environnements qu’il a fréquentés, le grand format s’offre comme un écran, celui d’un paysage physique et mental dans lequel le spectateur se projette.(…) »

Texte de Raphaëlle Romain, Historienne et Critique d’art, pour l’exposition « Il suffit d’un grand morceau de ciel » à la galerie Jérôme Pauchant en 2016

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Peinture Terencio Gonzalez - Let go 13

Let go 13

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